Autour de la Guitare
Posté le 15.01.2008 par robertzeprez
AVANT PROPOS. Dame Guitare a parsemé ma vie d'anecdotes croustillantes. J'ai eu envie de les partager.
Mes petits enfants devaient connaître mes tribulations. Il m'a semblé qu'Internet était le meilleur vecteur pour les raconter.
Enfin, avec le temps la mémoire... Euh... Ah oui, où en étais-je ?
J'ai fait mes premières armes sur une guitare classique.
En cadeau d'anniversaire, j'ai reçu cette guitare électrique "Fender" qui m'a permis de jouer de la musique dans quelques groupes d'étudiants.
Hélas, j'étais handicapé par mon ampli qui ne faisait que 10 watts et crachait une bouillie inaudible dès que j'essayais de pousser le son.
J'ai commencé par imiter d'oreille "Apache", "Guitar Boogie", "Walk don't Run"... car la vidéo n'avait pas encore été inventée, nous en étions à peine au tourne-disque "TEPPAZ", le mien était de couleur verte...
Si vous souhaitez lire cette histoire dans sa chronologie, je vous conseille de suivre l'ordre des rubriques.
Bonne lecture et n'oubliez pas de laisser vos impressions et commentaires.
Merci et A+.
Je remercie très sincèrement mon ami Bernard Salesse-Lavergne à qui je dois une bonne partie des photos de ce blog.
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Posté le 15.01.2008 par robertzeprez
Les BFIM's, cela signifiait : les Beaux, Forts, Intelligents, Modestes, plaisanterie d'adolescents que nous avions juré de garder secrète.
Au tout début des années 60, nous avions tout juste 16 ans.
Francis Branger, guitare solo, Jacques Luccioni, guitare rythmique et moi-même à la basse avons créé notre groupe musical : les
"BFIM's". Nous imitions les "Shadows" mais avec moins de style. Mohamed Naciri, qui nous a rejoint plus tard, tenait la batterie.
Le secret des
"BFIM's" a été éventé lors d'un passage en direct à la télévision marocaine durant lequel nous n'avons pas su résister au charme de la présentatrice!
Nos répétitions avaient lieu dans le garage des parents de Francis.
Hélas, notre matériel, trop modeste, nous handicapait à donf...
Pour ma part, j'avais monté des cordes de basse sur ma guitare électrique, ce qui faisait plier le manche et m’empêchait de l'accorder avec précision. Mon petit ampli a vite rendu l'âme à cause des fréquences trop graves encaissées par le haut-parleur.
Francis disposait d'une guitare acoustique blanche munie d'un micro en cristal pour amplifier la table d'harmonie. Son ampli était un gros magnétophone à bandes emprunté à ses parents.
Jacques avait une superbe guitare de jazz bordeaux dégradé de noir. Il la branchait sur un gros tourne-disque noir de l’époque.
Mohamed jouait sur une vielle batterie dont l'esthétique était contestable : elle était repeinte en gris clair et tachetée de points noirs et bleus. Effet garanti…
Nous avions tout de même mis au point un répertoire d'une vingtaine de morceaux piqués dans les standards des groupes à la mode ainsi que de quelques compositions de "nous z'autres".
Nous jouions dans les surboums et parfois dans des cabarets.
Une fois, nous avons joué au Séminaire de Rabat : nous étions invités pour d'illustrer une conférence sur la jeunesse. Nos braves curés voulaient démontrer que les jeunes pouvaient s'adonner à des activités plus conformes à la morale que celles des "blousons noirs"...
Toutes ces prestations mises bout à bout nous rapportèrent de modestes cachets que nous investissions illico dans du "matos".
Le premier achat fut un vieil ampli bricolé pour ma pseudo basse.
Posté le 15.01.2008 par robertzeprez
Je ne sais plus pourquoi nous avons été choisis pour tourner dans un court-métrage au "Jour et Nuit". Je ne me souviens pas non plus du sujet du film ni même s'il est paru sur les écrans. Cependant, nous avions pris un pied pas possible à tourner dans ce "délire juvénile"!
Puis, arrivèrent les contrats avec les bases américaines.
Chaque base disposait de plusieurs clubs, prétextes aux beuveries nocturnes des militaires désœuvrés. Chaque club était géré par un manager qui triait les participants sur le volet : aucun mélange de classe ni de couleur n'était toléré…
L'amusement numéro un des soldats consistait à picoler scientifiquement : chaque bière était servie avec un petit verre de whisky qu'ils laissaient tomber dans la choppe et hop! A partir de 22 heures, ils étaient tellement cuits qu’ils n’entendaient pas plus nos fausses notes que les bonnes d'ailleurs…
Nous jouions les samedis soirs et à chaque fois, nous devions signer un contrat en 9 exemplaires... On commençait à 20 heures pour finir à une heure du matin, toutes les 45 minutes nous avions une pause d'un quart d'heure durant laquelle nous pouvions manger, boire à volonté et écouter les disques à la mode…
Un soir, à la base de Kénitra, mon ampli rendit l'âme en plein milieu de la soirée. Le manager me conduisit dans un immense hangar où gisaient des montagnes de carcasses électroniques périmées partant pour la casse. Il me fit signe de choisir. J'ai pris un ampli de 100 watts qui a fait mon bonheur pendant de longues années.
Un autre samedi soir, le club était enfumé, les esprits étaient embrumés par l'alcool et moi, je jouais tranquillement sur le bord de la scène. Soudain, un GI immense tituba vers moi et planta ses yeux dans les miens vu que j'étais sur l'estrade. Il a dit d'une voix chargée en vapeurs d'alcool : "Who is the blue ball bastard?" que j’ai traduit littéralement par : "Qui est le bâtard à couilles bleues?".
Pensant qu’il me cherchait querelle, j’ai dégrafé la sangle de ma guitare, j'ai agrippé le manche des deux mains et j'ai bravement répondu : "YOU!".
Il a tourné les talons puis il est revenu avec une choppe de bière qu'il m’a tendue avec une grimace souriante!?! Des sueurs froides perlaient le long de mon dos...
Une vingtaine d'années plus tard, à Nashville, Thom Bresh m'a donné une explication à cette anecdote : "Lorsque tu flirtes un bon moment avec une nana et que tu ne conclus pas, tu as très mal au bas ventre. Aux USA, on appelle ça : avoir les COUILLES BLEUES !" Sic.
Posté le 11.03.2008 par robertzeprez
Non ce n'est pas un mafioso, c'est bien moi avec de vrais bacchantes!!! Et ça fait bien rire Christian...
Christian est un homme très fidèle en amitié. Il m'a apporté beaucoup tant sur le plan musical que sur le plan humain. Alors que mon enthousiasme et ma spontanéité m'incitaient à foncer tête baissée, Christian avait assez de recul pour observer et m'éviter d'aller trop loin par ses conseils avisés. Je lui en suis très reconnaissant.
Mais revenons au début des années 80 lorsque j'ai rencontré Christian.
Je venais de découvrir le style "picking" qui me posait pas mal de problèmes...
Lors d'un déplacement à Agen, j'entrais dans
"LA" boutique de musique du coin pour essayer une guitare qui me plaisait. Au bout d'un moment, le vendeur est venu me dire : "
C'est pas mal, mais ici nous avons un guitariste qui joue très très bien (sous-entendu bien mieux que toi pauvre pomme), il s'appelle Christian LABORDE".
Quelques mois plus tard,
Guitares et Claviers décernait le premier prix de composition pour guitare à "
Promenade d' Hiver", morceau composé par Christian. J'ai téléphoné, nous nous sommes rencontrés et sommes devenus de vrais copains. Grâce à ses conseils avisés, j'ai pu progresser dans le style.
Je me régalais en assistant à tous les concerts qu'il donnait dans notre région. Les spectacles de Christian plaisaient parce qu'ils étaient un judicieux dosage d'humour et de finesse musicale. Cet humour le suivait même dans sa vie "civile", bien servi par un accent lot-et-garonnais assez croustillant!
Nous avons tellement de bons souvenirs en commun qu'il faudrait y consacrer tout un chapitre!!! Est-ce bien raisonnable...
Voici quelques perles parmi tant d'autres...
A- Christian détestait les vantards. Un jour, nous en avons rencontré un qui clamait jouer du DADI mieux que quiconque. Au bout d'une demi-heure, Christian lui a dit, excédé: "
Je vais te montrer comment on joue du DADI en Lot-et-Garonne!" Il a mis le "DADI N°1" sur son tourne-disque en réglant la vitesse à
45 tours au lieu des
33 tours normaux. Il a mis un capodastre sur la cinquième case de sa guitare (pour rattraper la tonalité augmentée de plusieurs demi-tons par la vitesse) et a joué tous les morceaux du disque sans une erreur et bien sûr deux fois plus vite que la normale. Une vraie prouesse. Ecœuré, notre vantard s'est éclipsé et on ne l'a plus jamais revu...
B- Lorsque Christian est venu à Nashville avec nous, c'était son premier voyage en avion. Il m'a dit "
Tu sais c'est la première fois que je vais passer au-dessus de la "GRANDE FLAQUE"!!! (entendez "l'océan Atlantique")
C- Après une semaine à Nashville, Christian, qui ne parlait pas un mot d'anglais, commençait à souffrir de la langue et bien sûr de la bouffe... Un soir que nous étions au bar du Marriott, il avait un peu le blues : "
J'me taperais bien un Ricard" répétait-il...
Et il s'en est allé voir le barman. Nous on se marrait doucement car on savait qu'il ne pourrait aligner deux mots en anglais. Un quart d'heure plus tard, il est remonté triomphant de la cave avec une bouteille de pastis poussiéreuse, certainement la seule que l'on pût trouver dans le Tennessee! "
Vous prétendez que je ne parle pas la langue mais pourtant c'est moi qui offre le Ricard" jubilait-il en arborant son trophée...
Posté le 15.01.2008 par robertzeprez
Jean-Philippe W. était le trésorier de l'Atkins-Dadi Guitar Players Association (A.D.G.P.A.) dont j'étais le président.
Jean-Philippe a été un collaborateur très efficace dans la gestion de notre association.
Il s'occupait de la boutique. Il m'aidait à écrire et publier notre bulletin mensuel.
Il participait à l'organisation et à l'animation de nos festivals de guitare où il m'abandonnait le devant de la scène pour rester attentif et efficace dans l'ombre.
Durant ces douze années, j'ai toujours pu compter sur son efficacité désintéressée.
Jean-Phi était un guitariste "finger-picking" remarquable. Nous avons joué en duo pendant plusieurs années avec un répertoire d'une quinzaine de tubes country.
Nous profitions de nos passages dans des bars, les clubs, les associations... pour faire la promotion de l'A.D.G.P.A., ce qui nous rapportait pas mal d'adhésions.
Un jour, un inspecteur des impôts est venu nous contrôler à la suite d'une dénonciation anonyme : on nous reprochait de faire de la concurrence déloyale avec notre boutique!!!
Après s'être rendu compte qu'il n'en était rien, l'inspecteur, amateur de guitare, a demandé à Jean-Philippe de jouer un morceau. Après plus d'une heure de mini-concert, notre inspecteur a prit son adhésion à l'association avant de nous donner quitus...
Bien que Jean-Philippe ait eu l'âge d'être mon fils, notre amitié restait sans faille car nous nous faisions une confiance totale.
Preuve d'amitié s'il en fallait, il m'a choisi comme son témoin de mariage.
Bien entendu, je n'ai pas pu m'empêcher de remplacer les alliances par des anneaux de rideaux avec l'amicale complicité du prêtre ouvrier qui officiait...
Posté le 16.01.2008 par robertzeprez
Ricky Norton était le rockeur bordelais.
Ricky Norton, qui vous vous en doutez adorait les motos, chantait à la perfection tout le répertoire d'Elvis Presley, de Gene Vincent, et autres chanteurs des années 60.
Je l'ai souvent invité à se produire dans les manifestations musicales et festivals que j'organisais, et il m'en était reconnaissant.
A chaque fois, il m'invitait à le rejoindre sur scène pour interpréter quelques morceaux d'anthologie tels que "Apache", "Guitar Boogie", etc.
Of course, j'en profitais pour faire la promo de nos prochaines manifestations...
Posté le 16.01.2008 par robertzeprez
Henri H. était le patron d'une boite d'informatique de Bordeaux mais il était aussi un excellent guitariste. Ceci n'empêchant pas cela...
Nous faisons du business ensemble par l'intermédiaire de nos deux sociétés informatiques, mais nous ne nous connaissions pas plus que cela.
Lorsque j'ai organisé le premier festival
"Cap Guitare" sur le bassin d'Arcachon, Henri s'y est inscrit. Il était un super guitariste de rock et je ne le savais pas.
Nous avons vite sympathisé et il a rejoint notre groupe musical puis notre organisation.
Henri nous a permis de faire évoluer la musicalité de notre groupe grâce à son don de l’improvisation. Son style de jeu apportait une couleur plus swing à nos arrangements musicaux.
Sur cette photo, vous remarquerez que Romane, l'un des plus grands guitariste de style manouche, nous a rejoint sur la scène pour faire le bœuf sur un "Guitar Boogie" endiablé.